La petite histoire

Lorrains de souche et résidant depuis plus de vingt ans dans la campagne nancéienne, une aspiration à plus de nature, plus de calme, nous a amené à visiter des maisons dites isolées dans les Vosges que nous aimons tant.  Celle-ci, une des premières visitée, revenait sans cesse dans nos conversations, nous étions tombés sous le charme. Nous avons emménagé en septembre 2017 mais dans nos têtes, l'histoire avait bel et bien commencé un an auparavant. Un an à y penser, un an pour faire taire nos peurs, nos doutes et cesser de vouloir des réponses à toutes nos questions, un an pour se décider!  C’est sans doute notre cinquantaine bien entamée qui a fait pencher la balance dans un « maintenant ou jamais ! » convaincant. Maintenant bien implantés, nous ne regrettons pas ce choix qui nous a éloigné de la grande ville mais ni de la vie pratique, ni de la culture et permis  de réaliser notre rêve pleine nature.

Pourquoi ce nom "La ferme des deux étangs" ? Parce qu'il y a deux étangs... et que la vocation initiale de cet endroit était la culture de la pomme de terre. Depuis il y a eu du passage, de la rénovation et juste avant nous deux personnes qui ont permis qu'on soit là en ayant la belle idée de faire construire une véranda extraordinaire, élément sans lequel nous aurions peut-être eu du mal à nous décider, car, maison vosgienne oblige, les plafonds sont bas et la lumière rare dans certaines pièces. Cette véranda, véritable pièce à vivre, est en permanence inondée de lumière, même lorsque le temps est gris à l'extérieur et c'est un point de vue magnifique sur le terrain qui s'étale en pente douce vers les étangs et les forêts de hêtres, bouleaux, chênes et autres résineux qui l'entoure.

Notre philosophie

C'est un bien grand mot philosophie... mais il est vrai que cet endroit a laissé remonté à la surface des envies, des idées, des convictions même, encore larvées ou timides jusque là. Nous ressentons ici une énergie d'accueil, de partage et de rêves à réaliser. Pour le partage, c'est simple, il suffit d'être ici, de regarder autour de soi et on sait qu'on ne peut y rester juste pour profiter, repliés sur soi. Pour l'accueil, le gîte est là et nous a permis de cheminer vers une manière d'accueillir plus participative (Tarifs)  et de court-circuiter les plates-formes de réservation à l'américaine, pour accueillir des petits groupes pour des stages ou formations diverses (Stages et manifestations)

Pour les projets.... des poules, un potager bio, gérer le lieu le plus possible en adéquation avec les suggestions et concepts de la permaculture, mettre en oeuvre au maximum nos convictions écologiques, ça se concrétise de plus en plus. Nous en sommes au début et nous venons de loin, sans conscience écologique à la base, purs produits de la société de consommation et conçus dans la folie des trente glorieuses, pas militants dans l'âme, mais avec l'envie forte de faire sa part, à notre petit niveau pour laisser à nos enfants et petits enfants un héritage pas trop honteux!  Et donc rien n'est figé, tout est perfectible.

Des rêves à réaliser: l'installation d'un tipi pas spécialement comme hébergement insolite, plus pour y accueillir des groupes en stage et agrémenter les séjours, et aussi pour nous, parce que ça nous fait envie tout simplement ! peut-être une yourte dans un second temps et/ou une roulotte qui sait...la construction d'une serre en verre avec de la récup d'anciens matériaux de maraîchage, des aménagements, un jardin à agrémenter (il est déjà pas mal!), bref des tonnes de rêves à vivre et de projets à rêver!

Quelques mots sur la Permaculture

La permaculture est une méthode systémique et globale qui vise à concevoir des systèmes, par exemple des habitats humains et des systèmes agricoles. Plus largement, cela peut être appliqué à n'importe quel système, en s'inspirant de l'écologie naturelle et de techniques traditionnelles. Ce n'est pas une méthode figée mais un « mode d'action » qui prend en considération la biodiversité de chaque écosystème.  C'est envisager une production durable, économe en énergie (autant en ce qui concerne le carburant que le travail manuel et mécanique) et respectueuse des êtres vivants et de leurs inter-relations , tout en laissant à la nature « sauvage » le plus de place possible.
L'inspirateur de ce modèle d'agriculture naturelle est l'agriculteur japonais Masanobu Fukuoka, modèle théorisée dans les années 1970 par les Australiens Bill Mollison (biologiste) et David Holmgren (essayiste).
La permaculture forme des individus à une éthique ainsi qu'à un ensemble de principes. L'objectif étant de permettre de concevoir leur propre environnement, et ainsi de créer des habitats humains plus autonomes, durables et résilients, et donc une société moins dépendante du système sociétal proposé par l'industrie  de production et de distribution.
Voilà pour la théorie...

 

Le blog du jardin

En pratique, nous avons démarré un potager biologique sans aucun apport d'engrais artificiel en suivant du mieux que possible les grandes lignes de la permaculture: pas de désherbage intensif, paillage des cultures et des parcelles laissées libres, compostage, utilisation d'engrais verts, utilisation des ressources présentes sur place (et ça ne manque pas avec la forêt), observation et respect des rythmes de la nature, coopération avec l'environnement.

Le projet c'est en tout premier lieu un potager suffisamment productif pour la famille toute l'année,  et au delà, pouvoir peut-être proposer des paniers de légumes aux occupants du gîte. Pour cela nous avons construit une serre à semis, adossée à un appentis et remplacé les panneaux en plexiglas utilisés initialement par des panneaux de verre récupérés chez un maraîcher en retraite et avec lesquels nous allons aussi construire une serre de culture pour les tomates essentiellement. Les fondations sont achevées; l'ossature bois et la mise en place des panneaux de verre restent à faire, un gros boulot en perspective! . En attendant , nous avons dès le printemps dernier investi dans une serre tunnel.

A notre arrivée nous avons aussi pensé un genre de "jardin-forêt" en partant de ce qui existait déjà et planté pommiers, cerisiers, mirabelliers, prunier et poiriers en lisières d'arbres plus haut en gardant des noisetiers, en dessous et  à l'étage encore inférieur, nous avons planté des petits arbustes fruitiers (groseilles, et cassis). Pas sûr que l'exposition soit la plus judicieuse  mais on verra à l'usage. Dans une autre partie du verger il y avait déjà des groseilles et autres maquereaux qui ne demandaient qu'à être dégagés de la friche installée durant les 3 années d'inoccupation des lieux. Devant la maison sont plantés 3 arbustes à bluets.

D'autres idées nous trottent dans la tête... des animaux par exemple (lapins, mouton, chèvres?)... Pour les poules ce n'est plus au stade d'idée, d'ailleurs, ça y est le poulailler est achevé depuis fin mars.